Être vrai
Au départ, lorsque j’ai donné cette instruction, j’ai eu l’impression d’énoncer une évidence, un truisme. Comment ne pas être vrai ? Pourtant, cette requête, bien que simple en apparence, recèle une profondeur et une exigence qu’en général nous négligeons.
Être vrai, c’est cesser de mentir, à soi-même comme aux autres. Cela semble sensé, et nous pensons souvent l’être. Cependant, c’est déjà là un mensonge en soi. Nous avons créé notre propre définition de l’authenticité, qui, par son adaptabilité, ne correspond pas à la vérité objective.
Enfermés dans notre personnage et son illusion, nous sommes dès le départ en porte-à-faux. Nous le restons, malgré nos efforts, tant que nous ne nous éveillerons pas de la légende en laquelle nous croyons. Il n’y a pas de vérité dans le rêve, car tout ce que nous y vivons revêt son irréalité. À notre niveau, être vrai se résume à éviter les incohérences dans notre histoire et à ne pas mentir dans notre mensonge.
Le mensonge nous dissimule et banalise notre habitude. Nous cherchons à nous conformer aux exigences que nous percevons chez les autres, qui sont tout aussi illusionnés que nous et ne peuvent nous servir de référence pour l’authenticité. C’est vers notre conscience qu’il faut nous tourner pour savoir comment nous comporter.
Être vrai, ce conseil, cette instruction, ne devrait pas être détourné ni édulcoré. Nous avons oublié ou travesti le sens même de l’authenticité. Elle nous rappelle également le décalage que nous entretenons avec la Vérité. Être vrai, c’est simplement cesser d’être faux. Ce n’est pas une exigence d’amélioration pour notre personnage. Plus précisément, plus directement, c’est la décision et le courage de l’abandonner, pour embrasser ici-même notre véritable identité.










